Rencontres avec les villages (2015)

Une expédition de 5 semaines a été organisée par l’association entre Avril et Mai 2015.

L’objectif était de se rendre dans des villages de pêcheurs dans la région de Fort-Dauphin au Sud de Madagascar, de prendre connaissance de la réalité locale et proposer le projet de développement local au travers du tourisme équitable et solidaire.

Huit villages ont été visités, dont trois sont partants pour le projet d’accueillir des voyageurs et de lancer un projet collectif dont ils seront les principaux acteurs et les seuls décisionnaires.

Un carnet de voyage, ‘un film de 35 min a été réalisé par Eric Ucla, dont la bande orginale est signée par Tsiriry, un groupe  de musiciens de Fort-Dauphin.

1. LES VILLAGES DU NORD :

Anena – 1er district d’Evatraha

Un rendez-vous organisé à l’avance par notre correspondant local.

Accueil officiel devant l’école, avec le chef de village, les fokonolona (représentants des villageois), les femmes et les anciens, spectacle de danse traditionnelle. Les hommes sont absents, et pourtant rentrés de la pêche.

A noter : un sérieux problème d’alcool dans le village.

Au bilan : Manque bancs pour l’école, outils, bateaux, moteur, livres, cahiers, mat de pêche, machines à coudre…

Ils n’ont pas confiance aux associations ni aux officiels.
Ce Village a été aidé par QMM, en « réparation » d’une pollution des eaux.

Un fokonolona, très au courant du principe du TES, a expliqué à tout le monde le projet dans leur dialecte. La même personne a demandé à ce que les officiels soient rémunérés, et a remis ostensiblement l’argent au chef de village. Cela a semé la zizanie.

La « maison de l’artisanat » est une case en dur.

 

Ambaniampy – 2ème district Evatraha

La réunion est organisée sous l’arbre à palabres, en présence du fokonolona, des femmes, des pêcheurs et des anciens.

Les hommes pêchent. Ils sont organisés en association.
Les femmes tressent. Elles envisagent de se mettre en association.

Manque outils de pêche, pas assez de nourriture, moins de poissons.

Une association mandatée par QMM est intervenue, a donné 12 bateaux à moteur + carburants pendant 2 ans, puis est partie ensuite.

Ils espèrent de l’argent. Pas de projet en cours

Pas d’agriculture, pas rentable !

Les femmes fabriquent des paniers vendues 2000 ariary. Difficile à vendre.

Ils essaient d’élever des poulets, de faire de la culture maraîchère, de la couture (3 machines à coudre mais pb de tissus, machines, fil)

Ils ont aussi un problème de pollution de l’eau – une association a pris en charge, mais est partie. Une pompe a été installée, mais pas de solution quand une panne survient.

Ils ont eu de mauvaises expériences avec des associations : des représentants malhonnêtes
Un projet commun envisagé : développement de l’agriculture

NB : Nous avons remis de l’argent aux officiels comme la coutume le veut (pour la dernière fois)

Itapera :

2h30 à pied à partir du bateau.

Nous avons droit à un accueil « officiel » improvisé : par le chef de village, qui est aussi chef du district (4 villages dont un d’agriculteurs, Mandromondromotra). Un très bon contact.

Réunion de tous les villageois, présence du fokonolona, des femmes, des pêcheurs et des anciens. Danses des femmes et des enfants, noix de coco…

600 personnes dans le village, 1800 dans le district – Une école de 280 élèves – 11 au collège – 3 au lycée

Seul source de revenu, la mer.

De moins en moins de poissons : avant en 1j, 10 kg de langoustes – maintenant en 2j, 500g

Difficultés à financer les pirogues, prêts entre familles.

Utilisent des pirogues à balanciers et à voile pour pouvoir pêcher plus loin (20 km).

Une asso (QMM) a donné des pirogues, et est parti après 2 ans. Aimeraient des pirogues à moteur. Manque de matériel et d’outils.

Les femmes tressent, 1000 ariary le cabas. Il y a eu une association de femmes. Difficulté d’accès, difficulté de commerce, difficile de vivre du tressage.

Un peu de cultures agricoles.

Presque pas d’associations qui viennent les visiter.

En 2013, un projet de TES qui n’a pas abouti.

Vatoroka (ou Ambatoroka ou Vatohoka) :

Pêchent des deux côtés : mer et lac. Besoin de matériel de pêche. Pêche de moins en moins bonne depuis 10 ans.

Moins de poissons, et plus de bouches à nourrir, car les femmes sont mères plus tôt.

La journée de pêche pour les hommes : 4h à 17h

Les femmes tressent et partent à la pêche aux crevettes (avec des pièges) à 6h. Elles aimeraient fonder une association pour mutualiser les outils. Et aussi, pour partager l’argent qu’on leur donnerait!!

Ils ont bénéficié d’un programme d’aide QMM sur une très courte durée.

En 2012, une asso de pêcheurs a été créé pour gérer un don d’argent.

Sont partants pour le projet mais demandent à ce que l’asso investisse. Demandent quand y aura-t-il des voyageurs ? et quand ils pourraient amortir leur futur investissement dans une case ?

Réunion avec les villages du Nord intéressés:

A l’issue de chacune de 4 réunions, il a été proposé de venir participer à une réunion sur le campement de l’équipe s’ils sont intéressés par le projet. 3 villages ont été représentés : Vatohoka est arrivé en premier, à l’heure; puis Itapera; et enfin Lokaro que nous n’avons pas visité, mais qui a entendu parler du projet et qui serait intéressé.

Ce dernier village ne parait pas très approprié pour le projet, car il s’agit d’un village divisé en concessions (propriétés privées), et non un village de pêcheurs.

Les présents sont partants pour le projet. Ils ont envie que cela se concrétise. Ils ont confiance et sont prêts à s’investir et monter leur association.

Discussions sur les difficultés pour construire des cases dédiés : pas de bras (les hommes doivent pêcher), pas d’argent à investir. Présentation de la solution de l’hébergement chez l’habitant.

Echange autour des touristes existants actuellement : pas d’échange avec la population, pas de commerce car ils sont hébergés sur les terrains privés des vazaha (français) et des karana (indiens). Ils trouvent le projet intéressant pour pouvoir échanger avec les vazaha.

L’idée de créer une seule association pour les deux villages (Itapera et Vatohoka) est retenue.

Noelson (le chef de village et de district) est partant pour construire une case pour les voyageurs à Itapera, si le fokonolona (les représentants des villageois) sont d’accord, sinon, il inciterait les habitants à accueillir les voyageurs chez eux.

Idem pour Vatohoka.

Les deux villages proposent aux membres de l’association de les accueillir dans la semaine qui suit. Le rendez-vous est pris. Il est décidé que le groupe passera une nuit dans chaque village.

Noelson nous laisse ses coordonnées. Robert, un habitant de Vatohoka qui travaille sur notre campement, et qui nous a servi de guide, sera l’intermédiaire et le guide.

3. LES VILLAGES DU SUD :

Ambinanibe, Manambara, Lafy Atsinanana, Lohalovoky)

Manambara n’a pas été visité ( trop loin, pb de temps)

Lohalovoky a été découvert sur le tard, une fois sur le terrain

Lafy Atsinanana :

Nous étions accueillis par un adjoint et une douzaine de personnes. Les pêcheurs n’étaient pas là car trop tôt.

Ils pêchent sur un lac (mélange). 25 pêcheurs. Manque d’outils.

Une asso QMM qui est venue pour proposer des filets en location. Ils ne sont pas satisfaits de cette intervention.

Pas d’agriculture.

Il sont très remontés contre QMM : une montagne qui a littéralement disparu, des expropriations non ou mal indemnisées.

Ils ont connu un problème de pollution de l’eau avec le chantier QMM. on leur a construit une pompe en compensation.

Ils sont remontés contre Ambinanibe qui utilisent des techniques de pêche avancées (enseignées par un association manadétes par QMM), qui a aggravé le pb de manque de poissons.

Ils vivent au jour le jour. Pas d’artisanat, pas de touristes.

Pas partants pour le projet au final.

Ambinanibe :

Village à proximité de FD, à proximité du lac Ambinanikely et de la mer.

Le chef de village était absent (une urgence sanitaire d’un villageois). Nous avions des responsables d’associations comme interlocuteurs.

De multiples assos : 9 associations de pêcheurs. Pour chaque thème une asso des gens du lac et une des gens de la mer.

L’association Veronica (QMM) les a accompagnés pendant 2 ans en 2007 pour du matériel de pêche et de techniques de pêche.

Ils se disent pauvres. Moins de poissons dans la mer et dans le lac. Ils essaient de gagner de l’argent par le tourisme.

Asso de femme / vannerie : vente à l’aéroport en commerce équitable, soutenus par le CITE/CARA.

Explications du projet TES aux villageois : accueil, partage, sanitaires, hygiène (le village est très sale), échange de culture.

Ils sont partants pour le projet TES. Partants pour créer une asso. Ce serait a priori une asso d’assos. Ne souhaitent pas se regrouper avec les autres villages.

Manque terrain pour construire habitation pour voyageurs. Orientation vers la solution des familles d’accueil.

Propo de Tsilavo d’une rencontre  avec les familles de FD pour partager l’expérience de l’accueil de voyageurs.

Le village héberge des surfeurs, COSA, qui sont intéressés par le projet d’accueil de voyageurs. Ils ont été orientés vers les surfeurs de FD (Tsilavo).

Lohalovoky

Petit village.

Nous sommes acueillis par le chef de village et 20 personnes, et jusqu’à 40 personnes à la fin.

Peu de femmes par rapport aux autre villages. 3 ou 4 associations. Ils pêchent en lac, font de artisanat.

Il existe plusieurs assos de pêcheurs. Besoin d’argent pour acheter des outils.

Pas de moyens de construire, présentation de la solution d’hébergement chez l’habitant

Ils ont une problématique de propriété des terrains.

Ils ont choisi de réfléchir et sont partants finalement.

Réunion Ambinanibe – familles d’accueil de FD :

Organisée par Tsilavo (responsable de l’association de surfeurs et coordinateur des familles d’accueil à FD).

Un bus affrété pour transporter les familles d’accueil et le groupe des voyageurs. Une dizaine de familles d’accueil présentes.

Naina, un professeur, anthropologue, historien… nous a accompagné.

Réunion en plénière, avec toute la population, le chef de village, les femmes, les anciens…

Description du projet par J Luc et par Naina dans leur dialecte.

Echange sur les difficultés de construire (pb des terrains en concession appartenant à des familles).

Orientation sur la solution des familles d’accueil. Expression de la crainte de recevoir des voyageurs.

Témoignages de plusieurs familles d’accueil de FD sur le déroulement d’un accueil (la simplicité, le partage, l’hygiène, la nourriture…)

Intérêt manifesté pour le projet par les officiels et par la population. La majorité des familles présentes ont affirmé être partants (mains levés)

Explication de la suite du projet : intervention du CITE, suivi par Tsilavo.

Un moment de partage (nourriture, encas, boissons) jusqu’à la tombée de la nuit. très convivial.

Présence d’un journaliste radio, Hugues-Christian, qui a fait une interview, qui a pris connaissance du projet, et qui compte en faire la promotion. A affirmé son soutien au projet et nous a proposé de communiquer toutes les fois où nous le jugerons pertinent.

Les nuits à Itapera et à Vatohoka :

Comme convenu, nous avons passé une nuit dans chacun des deux villages.

Nous étions accompagnés par Carlin, un surfeur qui avait aussi comme mission de représenter les familles de FD, et de témoigner sur l’accueil de voyageurs à domicile.

Nous étions accueillis dans des cases appartenant à des villageois : A Vatoroka, la case de Robert( notre guide) et à Itapera, deux cases appartenant à la nièce du chef de village, et qui est la présidente d’une asso qui gère des médicaments et la vaccination des enfants.

Nous avions prévu des provisions. Nous avions acheté sur place des poissons et des compléments. L’aide de Robert nous a été indispensable.

Dans chacun des villages, une réunion plénière a été organisée. Dehors à 21h sous la pleine lune à Vatoroka et à l’école à lItapera.

Re explication du projet, en malgache par JL, en dialecte par Carlin. Témoignage de Carlin.

Expression de leur volonté d’avancer dans les deux cas.

Explication de la suite : intervention du CITE, visite de Carlin /Tsilavo…

En conclusion de la rencontre avec les villages :

2 villages partants au Nord (Itapera et Vatoroka)

1 village partant au Sud (Ambinanibe)

1 village qui nécessite un approfondissement au Sud (Lohalovoky)

2. VISITE (non programmée) DE TSIMELAHY (Village dans la réserve d’Andohahela) :

 

1300 personnes – 250 enfants de moins de 5 ans – 160 qui vont à l’école

Une asso de femmes (MAMPITOHY) pour la cuisine pour les visiteurs. Apprennent à cuisiner pour les touristes à FD. Créée par Jean (contact/ guide) en novembre 2014.

Un chef de village femme.

Ils vivent de l’agriculture (manioc, haricots rouges, maïs, patates). Ne conservent pas leur récolte. vendent tout contre des zébus.

Les femmes tressent pour passer le temps.

Pas assez de visiteurs (moins de 100 par an, des problèmes d’accessibilité.

Pb démographique : les femmes ont des enfants très jeunes, difficulté à se nourrir, prostitution sans contraception, encore plus d’enfants. Il existe des méthodes contraceptives, mais peu utilisées.